CMC : ouverture d’esprit, compréhension et communication

 Cet article reprend un témoignage sur la pratique de la chasteté masculine contrôlée (CMC) de juillet 2018 sur le site osezlacmc.com.

Il s’agit d’un témoignage d’une femme de 38 ans, Annabelle, qui évoque la manière dont elle a appréhendé pour la première fois la découverte de la « cage de chasteté » dans son couple. Son témoignage a été apprécié par de nombreux lecteurs car il résonne pour nombre d’entre vous quant à l’adoption de cette pratique encore méconnue. Son témoignage vaut d’ailleurs pour d’autres pratiques sexuelles que la CMC.

Car en effet, parler de « cage de chasteté » ou encore de « chasteté masculine contrôlée » à quiconque ne connaît pas le sujet, cela peut sembler bien insolite voire extravagant, et peut même être perçu très péjorativement comme la symbolique d’une pratique barbare si l’on s’arrête au sens premier des mots que compose l’expression « cage de chasteté ».

C’est bien là qu’intervient ce très beau témoignage d’Annabelle, qui nous apprend l’importance de la communication au sein du couple, la source de nombreuses incompréhensions en matière de sexualité dans le couple et l’ouverture d’esprit dont elle a dû faire preuve pour s’ouvrir à la pratique de la CMC, une pratique devenue désormais indissociable du quotidien pour ce couple. Elle s’avoue épanouie, autant que son homme, une véritable renaissance, un hymne à la CMC en quelque sorte.

« [•••] Ma première réaction a été l’incompréhension totale, un sentiment de quasi stupéfaction, comme si je découvrais mon homme sous une autre facette de son caractère. Et je dois dire que c’est quelque part ce qui s’est passé et avec du recul, je ne remercierai jamais assez mon homme pour avoir abordé ce sujet, je suis consciente désormais que ce n’était pas facile, mais je pense aussi avoir ma part de responsabilité dans cette prise de conscience, tout cela est la preuve de l’excellente communication qui règne dans notre couple et sans trop vouloir me passer de pommade, de l’ouverture d’esprit dont j’ai pu faire preuve à cet instant, ou plutôt après quelques instants. Car au tout début, [•••] j’ai eu du mal à accepter que mon propre copain (ce n’était que mon copain à l’époque, c’est depuis 3 ans mon mari) ait le sexe emprisonné dans une cage. Je n’en comprenais absolument pas l’intérêt et j’étais loin de penser à tous les bénéfices que j’allais pouvoir en tirer. Oui, je trouvais ça même étrange. Il est déjà très difficile pour une femme je pense d’accepter que son homme regarde du porno sur internet, il y a une forme de jalousie, on se dit qu’on n’est plus assez désirable pour lui alors que pour l’homme, c’est une habitude, presque un rituel, qui se transforme parfois en accoutumance voire en addiction. Cette incompréhension générale vient de la mauvaise connaissance qu’on peut avoir en tant que femmes de la sexualité des hommes. Mon sentiment est le suivant : les hommes ont une très mauvaise connaissance de l’anatomie féminine et notamment des organes sexuels féminins car on ne leur apprend pas à l’école, mais les femmes ont aussi une très mauvaise perception du psychisme relatif à la sexualité des hommes. Et cette mauvaise approche persiste parce que les clichés sexistes eux-mêmes persistent, ces vieux schémas virils dans lesquels les hommes sont maintenus. Il parait d’ailleurs que, dès 3 ans, les enfants ont conscience que les adultes ont des comportements différents en fonction du sexe assigné. Ces vieux schémas nuisent à l’épanouissement même des hommes. Ils sont victimes eux-mêmes du vieux cliché phallocrate. Alors qu’en fait, la sexualité masculine est infiniment plus subtile car… non… éjaculer n’est pas jouir, il faut éradiquer ce cliché. L’orgasme est avant tout psychologique, c’est un débordement d’émotions et pas juste un flot de sperme. La dimension psychologique est prépondérante dans la jouissance. L’éjaculation est un phénomène mécanique, mais pas l’orgasme. Aujourd’hui encore les hommes sont formatés plus ou moins consciemment à aller vite et à réussir. Et quoi de mieux pour ça que le porno sur internet ? Quand j’ai eu compris ça, j’avais déjà percé une grande partie du mystère de la demande de mon homme à ce que je contrôle sa sexualité. Mais je le répète, être une femme et savoir que son homme se masturbe devant du porno, c’est toujours déstabilisant, alors l’idée de la cage, ça fait forcément réfléchir encore davantage. Ne comprenant pas encore les enjeux, les impacts positifs que cela pourrait avoir sur notre couple, je voyais cela comme un fantasme purement masculin et j’étais à des années lumières de croire que ce fantasme masculin se transformerait en un délice, une jouissance totale pour moi aussi. Lorsque nous avons essayé, les premiers temps furent compliqués (notamment par rapport au choix d’une cage adaptée à mon homme) mais j’ai finalement très vite pris goût à cette situation. J’ai très vite apprécié cette forme de pouvoir que je prenais en tant que Keyholder, la responsabilité qui m’était confiée, l’assurance que je prenais autant dans mon couple que dans ma vie professionnelle (j’ai pu exercer des fonctions de management dans mon entreprise quelques mois après le début de la pratique et avec du recul, j’y vois un lien quant à mon capital confiance qui s’est accru). Sur le plan sexuel, tout a très vite évolué. Nos relations étaient devenues cotonneuses et routinières. Nous n’avions plus de rapports enflammés comme dans les premiers instants de notre vie de couple. Avec la « cage », il est tout de suite devenu plus attentionné, aimant, prévenant et j’ai compris qu’il ne recherchait plus la même forme de plaisir. Je lui ai demandé de me décrire au mieux sur papier son ressenti au plus intime, il tient une forme de journal de bord que j’apprécie lire régulièrement, dans lequel il me dit ce qu’il a aimé faire, ce qu’il a moins aimé, ce qu’il souhaiterait faire, ça nous invite à parler encore davantage et à expérimenter de nouvelles choses pour notre plaisir mutuel. Je sais qu’il adore par exemple, et j’y ai moi-même extrêmement pris goût, que je le « tease » c’est à dire lui faire croire qu’il va avoir une « récompense » pour finalement s’arrêter au meilleur moment en refermant la cage… je suis devenue diabolique dans cet exercice et ça me donne une confiance à la hauteur du plaisir que j’ai à le faire. J’adore aussi porter la clé sur moi sans vraiment la montrer, au travail, ou à mes copines, cela permet d’exercer sur lui une pression positive et constante qui participe au teasing et qui me donne encore plus d’influence. C’est là aussi qu’on retrouve toute la subtilité de la sexualité au sein du couple : le « tease & denial » constant augmente la qualité et la puissance de l’orgasme, c’est prouvé[•••] J’ai jamais eu autant d’orgasmes de qualité depuis que mon homme est encagé. 

J’espère que ce témoignage permettra à des femmes qui hésitent encore, qui sont dans le doute ou dans l’incompréhension, à franchir le pas, à essayer dans leur couple cette pratique et à jouir de cette nouvelle découverte, car si la cage est fermée aux mauvais esprits, elle est le signe d’une grande ouverture d’esprit et la porte ouverte à de nouvelles sensations. Mon homme a réussi pour ma part à transformer son fantasme en notre épanouissement, et c’est la meilleure découverte que j’ai été amenée à faire avec lui.

Annabelle

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