La fête des mères : le meilleur cadeau, leur donner du temps.

La période de confinement liée à la covid-19 nourrissait l’espoir de voir enfin une prise de conscience de nombreux hommes : le travail domestique et parental, encore trop souvent invisible, allait enfin être reconnu et considéré. Cela n’a malheureusement pas été le cas.

Un sondage réalisé entre le 31 mars et le 8 avril par Opinion Way, entreprise de sondages politiques et d’études marketing française explique et confirme malheureusement ce constat : “Les femmes sont plus impactées par le confinement, puisqu’elles sont 22% à être en détresse élevée contre 14% pour les hommes”. Plus tôt, une autre étude menée par Harris Interactive début avril à la demande du secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes montre également le déséquilibre dans l’implication des couples dans les tâches domestiques et parentales. Marlène Schiappa disait alors craindre l’”épuisement silencieux” des femmes, en particulier des mères et une multiplication des cas de burnout parentaux.

Alors, plutôt qu’un joli bouquet de fleurs, le meilleur cadeau ne serait-il pas une journée ou davantage pour enfin se recharger non seulement loin du travail domestique et parental, mais aussi une journée où cette prise de conscience masculine permettrait enfin d’envisager une meilleure répartition des tâches domestiques ?

Encore ce jour, un nouveau sondage de la plate-forme Qapa.fr,diffusé à l’occasion de la fête des Mères ce dimanche, vient confirmer -s’il en était besoin- ces inégalités femmes/hommes concernant les tâches ménagères.

Les mamans sont en effet 80% à indiquer s’occuper du linge de la maison, et seules 13% disent être aidées. Idem pour le ménage, que font 63% des femmes interrogées. La situation est même pire concernant la préparation des repas, puisque 88% des mères indiquent en avoir la charge.

Sans oublier les devoirs, le bain et les jeux des enfants, dont une maman sur deux s’occupe elle-même (contre 12% des pères). Conséquence : le temps leur manque, car près de la moitié des mères (46%) ne fait aucune activité annexe durant la semaine.

Si l’on ajoute à cette charge mentale une conception du monde archaïque (c’est-à-dire une conception du monde qui tient davantage du dogme et des idées reçues et qui promeut les stéréotypes de genre, présentant les hommes et les femmes avec des compétences bien définies sur la seule base de leur sexe, les conditionnant à assurer certains rôles dans la société.

Le compte twitter « Pépite Sexiste » a épinglé quelques exemples de ces préjugés sexistes qui peuvent être véhiculés pour la Fête des mères : il est par exemple très clair que certains produits vendus dans les grandes surfaces sont associés à un travail exclusivement féminin, comme ceux dédiés aux tâches ménagères.

Ou encore :

La déconsidération du féminin, nous la retrouvons aussi dans le monde du travail, qui dévalorise les métiers hautement féminisés des métiers du « care » , c’est à dire les métiers du soin, du service à la personne, de l’éducation. Avec par exemple 99% de femmes chez les salariés de crèches et 7% d’hommes parmi les instituteurs, selon le rapport 2014 du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, les petits «sont très majoritairement pris en charge par des femmes et font très vite le lien entre pourvoyeur de soin ou d’éducation et activités féminines». Il faut donc combattre ces stéréotypes dès l’enfance, en impliquant davantage les hommes. La crise sanitaire a également bien montré que ces métiers, souvent précaires, plus exposés au risque, sont aussi parmi ceux qui font tenir et avancer la société. Rappelons également que les femmes racisées ont été particulièrement touchées par la crise sanitaire.

Alors si pour cette fête des mères, cessons définitivement de stéréotyper les héroïnes en les affublant d‘un tablier de cuisine, et donnant enfin du temps aux femmes pour qu’elles s’épanouissent. Profitons-en pour rappeler également que les conjoints qui partagent équitablement les tâches domestiques seraient plus épanouis sexuellement. Tel est le résultat d’un sondage mené par l’Université de Floride sur 1.100 couples dont la moyenne est âgée de 55 ans et mariée depuis 27 ans.

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