Mon nom est clitoris

Le sujet de la sexualité des femmes est un tabou qui se brise petit à petit. Et c’est sûrement parce qu’il a été pris à bras le corps par des femmes, pour des femmes.  

Même si le chemin est encore long pour se débarrasser de certains préjugés, les initiatives comme ce documentaire récent au titre évocateur « Mon nom est clitoris », qui a été porté sur grand écran, servent de manière positive la place de la femme dans notre société.

En France, les livres de biologie au collège commencent tout juste à représenter le clitoris et même si l’on s’attarde davantage à la fonction reproductrice d’un organe sexuel féminin, les barrières commencent à sauter elles-aussi. Ainsi, de plus en plus nombreuses sont les personnes qui s’accordent à dire que l’éducation sexuelle qu’on nous inculque doit encore davantage évoluer. En cela, les générations futures auront une vision différente et décomplexée de la sexualité féminine. C’est notamment le cas, on l’observe, sur les réseaux sociaux où de nombreuses initiatives contribuent à briser ce tabou. Nombreux sont en effet les comptes Instagram, par exemple, qui évoquent la sexualité féminine sans pincettes et c’est tant mieux. 

Dans le documentaire « Mon nom est clitoris » , le plaisir féminin est largement évoqué et il est donc question de réhabiliter ce grand oublié des manuels scolaires tout en rompant avec les idées reçues à son égard. La parole aux femmes est donnée sur un sujet qui les concerne.

Sous la caméra de Lisa Billuart-Monet et Daphné Leblond, douze jeunes femmes racontent le parcours de leur sexualité, depuis lʼenfance.

« Lʼeffacement du clitoris est le symbole de la méconnaissance et de la censure de la sexualité des femmes cisgenres. Il était primordial de le visibiliser et donc quʼil apparaisse dans le titre », explique Lisa Billuart-Monet, l’une de ses réalisatrices.

Le projet est né en 2016. Alors qu’elles sont étudiantes en cinéma, Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet se lancent dans la réalisation de leur premier film. Elles optent pour un thème sur lequel elles savent que demeurent beaucoup de questions voire d’ignorance totale : la sexualité féminine.

Pour preuve la séquence d’ouverture de leur documentaire montrant ces jeunes femmes incapables de dessiner correctement un clitoris.

 « Mon nom est clitoris » retrace donc le chemin rarement formulé de 12 femmes de 20 à 26 ans vers la sexualité. C’est un film documentaire de témoignages avec une mise en scène intimiste. On y écoute des confidences spontanées, teintées parfois d’un sentiment de gêne pour certaines ou de pudeur pour d’autres mais se voulant aussi une retranscription fidèle du ressenti de ces jeunes femmes.

De la découverte du clitoris aux pratiques masturbatoires, en passant par la première fois avec une fille ou un garçon, le consentement, le porno, le plaisir et l’orgasme. 

À travers une succession d’interviews, on entend aussi les difficultés rencontrées pour se masturber, quand on méconnaît son sexe ou lorsqu’on pense secrètement que tout ça est un peu «sale».

L’éducation sexuelle présente la sexualité féminine sous l’angle des IST et MST, de la contraception, et le plaisir dans tout cela?

Dans les confessions de ces jeunes femmes, on retrouve celles qui ont découvert le plaisir sexuel, leur clitoris et la masturbation dans la petite enfance sans vraiment le conscientiser (notamment grâce au humping, c’est-à-dire le fait de frotter son sexe pour trouver le plaisir) et on retrouve également celles qui ont découvert ce plaisir tardivement.

Derrière ces confessions intimes, on comprend donc l’absence d’éducation au plaisir féminin dans la société,  d’éducation sexuelle. Rappelons que le clitoris est le seul organe du corps humain entièrement dédié au plaisir. Sa taille est de 11 centimètres. Rappelons aussi que l’anatomie du clitoris est seulement connue depuis 1998. La même année, on crée le Viagra, c’est dire l’écart. 

 En exposant et en questionnant ces freins à l’épanouissement sexuel «des filles, des hommes, puis des LGBT, on fait sauter des verrous. On a découvert qu’on avait des choses qui nous entravaient, comme l’obligation de la pénétration vaginale avec les hommes. On abandonne des schémas de pensée sclérosants pour tout le monde» dit Daphné Leblond

Derrière le plaisir féminin se dresse la connaissance de son corps, sa maîtrise, sa revendication. En fait, sur la route de l’émancipation des femmes, le clitoris est l’une des clés.

La revendication du plaisir des femmes et sa réappropriation sont donc des sujets d’actualité mais Lisa tempère  « j’ai toujours de la réserve sur le changement, parce qu’il ne concerne qu’une partie de la population. C’est pour ça qu’on voudrait que le film passe à la télé pour toucher plus de monde. Parce qu’un documentaire d’art et essai, ça limite forcément. »

« On a une démarche émancipatrice à partir de nous-mêmes », explique Daphné Leblond.

Elles promettent également un prochain film sur la sexualité masculine.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Mica dit :

    L’Ode aux plaisirs féminins……………. Tout simplement.

    Aimé par 1 personne

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