La justice intime

Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant l’orgasme. Selon une étude menée sur 52 000 Américains, 95% des hommes hétérosexuels disent avoir atteint régulièrement voire toujours l’orgasme au cours du dernier mois, contre seulement 65% pour les femmes hétérosexuelles.

Et si les jeunes femmes commençaient enfin à réclamer une justice intime ?

Le terme de justice intime a été inventé par Sara McClellan, psychologue de l’université du Michigan (États-Unis). Il s’agit en fait de demander l’égalité au regard de la satisfaction sexuelle au même titre que cette égalité est demandée dans la juste répartition des taches ménagères ou pour l’obtention d’une rémunération paritaire, équitable.

Selon cette psychologue, les femmes ont tendance à jauger leur propre satisfaction sexuelle en prenant comme mesure le plaisir de leur partenaire. On part donc de bien loin.

L’idéal serait donc de renverser ce paradigme afin que les femmes puissent enfin se délecter de leur sensualité, demander ce qu’elles veulent et l’obtenir au nom de la justice intime. Cette demande n’est pas en contradiction avec le plaisir masculin. Il existe d’ailleurs de nombreuses pistes pour y parvenir : prolonger les préliminaires, n’avoir pas comme unique finalité la pénétration, se renseigner sur le plaisir clitoridien, avoir le plaisir de donner du plaisir, se faire guider pour faire de la communication la pierre angulaire de la recherche du plaisir. Pour l’homme, mieux savoir se contrôler et découvrir d’autres formes de plaisir tout en faisant, au moins temporairement, abstraction du sempiternel et simple plaisir pénien.

Evoluer vers une sexualité alternative, c’est-à-dire, sortir des schémas associés à une sexualité phallocentrée, peut par exemple permettre l’accès au plaisir du couple, et non plus seulement au plaisir de l’un des deux partenaires, très souvent l’homme. Un fait qui interpelle d’ailleurs, en Belgique, les hommes ont environ deux fois plus souvent un orgasme que les femmes. La moitié de celles-ci révèlent n’avoir que rarement voire jamais d’orgasme, lors d’un rapport sexuel. Tout simplement parce qu’elles ne sont pas assez stimulées. Six femmes interrogées sur dix admettent en effet avoir besoin d’une stimulation du clitoris pour jouir. Or, rappelons que beaucoup d’hommes pensent qu’une pénétration est suffisante.

Des pratiques alternatives au secours du plaisir féminin ?

Introduire certaines pratiques dans sa sexualité de couple doit permettre d’entrevoir cette justice intime de manière apaisée, sous le feu du désir mutuel, et dans le respect total du consentement.

La « cage de chasteté », cette pratique encore méconnue au potentiel largement inexploité (voir notre article sur ce sujet), permet à la femme de guider son partenaire afin d’atteindre des objectifs de vie commune et de complicité. Cessons nos idées préconçues sur le sujet et essayons de voir cet instrument comme autre chose qu’un accessoire extravagant, mais plutôt comme un instrument du plaisir, un jeu érotique, un sextoy. De nos jours, le godemichet et le vibromasseur sont devenus des objets associés à la libération sexuelle, se défaisant des préjugés qu’ils servirent pendant plusieurs siècles, gageons qu’il en soit de même pour la cage de chasteté pour hommes, assimilable quant à elle à l’exploration et à la conquête de nouveaux plaisirs et bien entendu toujours, à la libération sexuelle.

Les propos d’une femme, au pseudonyme de « PerleRare », adepte d’un forum dédié à la chasteté masculine (chastete-masculine.com), explique simplement comment, pour sa part, cette pratique peut permettre de répondre à cet enjeu. Elle écrit :

J’aime mieux me sentir en contrôle du bonheur conjugal (et du mien) que de disputer mon homme comme un gamin. Pour moi, la CMC (chasteté masculine contrôlée) est la continuité de l’épanouissement du couple, elle donne plus de liberté à la femme pour s’exprimer dans une société patriarcale où l’éducation pousse à agir d’une manière pourtant totalement différente. Avec la CMC, Il n’y a plus « d’obligation » de jouissance masculine à chaque rapport sexuel; la femme peut « jouer » à exciter son mari sans lui « devoir » quelque chose en échange.

Car en effet, si les femmes se satisfont davantage du plaisir de leur partenaire pour juger leur propre satisfaction, cela signifie aussi que l’orgasme masculin suffirait donc à l’accomplissement du rapport sexuel. Pire encore, les femmes se satisferaient même parfois d’une absence de douleur pour se prétendre comblées. Il est temps que cette acceptation fataliste cesse.

Nous avons droit à bien plus que ça!

Sous le signe de la justice intime, ne craignons plus de revendiquer notre plaisir, de l’exiger même et de le témoigner haut et fort. Au nom du « Ouiiiii », du plaisir, de l’orgasme, n’ayons plus peur d’oser dire « occupe-toi de moi », « tu croyais t’en tirer comme ça? ».

Selon une étude de 2017, une femme belge sur trois envisagerait une rupture à cause de l’absence d’orgasme.

L’enquête a été réalisée par la sexologue Goedele Liekens auprès de 1500 Belges et Néerlandais. Ce que dit également l’enquête : les hommes belges pensent en général que la pénétration est le moyen absolu de donner un orgasme à leur partenaire, alors qu’en réalité, la plupart des femmes n’ont que rarement ou jamais un orgasme durant un rapport sexuel. Près d’une femme sur trois envisage même de quitter son partenaire parce qu’elle ne prend pas son pied avec lui! Vous êtes prévenus…

Il est donc temps que justice soit faite pour l’égalité du bon sexe.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Mica dit :

    Assister, participer activement à un orgasme de sa partenaire est d’une jouissance psychologique très difficilement égalable. Le phallus n’a pas cette capacité, c’est ainsi que la nature en a décidé.

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  2. Vincent dit :

    Bravo pour ce nouveau site. En tant qu’homme, je le dis sans honte, nous avons tout à apprendre du plaisir féminin. La sexualité, comme toute chose s’apprend, y compris de notre propre sexualité où beaucoup sont « esclaves » de leurs pulsions. Plaisir partagé, plaisir féminin doivent être la norme dans une relation épanouie.

    Aimé par 1 personne

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