Plus de femmes en responsabilité = de meilleures performances ?

De nombreuses études montrent que les entreprises dirigées par des femmes ont tendance à mieux performer que celles dirigées par des hommes.  Une forte présence féminine est également associée à un statut supérieur de l’entreprise sur les marchés. Comment cela s’explique et comment changer les mentalités sur ce sujet ?

Aux États-unis, selon l’indice GFP, les entreprises «les plus admirées » de l’indice « Fortune » comptent deux fois plus de femmes au niveau de la haute direction que les entreprises moins réputées. Toujours aux États-Unis, pour 19 CEO masculins, on trouve une femme CEO, et 6,5 hommes CFO pour une femme occupant ce poste fin 2018.

Notons également qu’au cours des deux années qui ont suivi la nomination d’un nouveau CEO, selon les données recueillies, le cours des actions des entreprises ayant nommé des femmes cheffes d’entreprise a surpassé de 20% en moyenne celles qui ont nommé des hommes. Lorsque les femmes ont été nommées cheffes des finances (CFO), les entreprises ont pu observer divers bénéfices : dans les 24 mois qui ont suivi la nomination d’un directeur financier féminin, ces entreprises ont surpassé de 8% celles ayant des directeurs financiers masculins nouvellement nommés. Elles ont également « surperformé » de 6% la rentabilité sur la même période.

Une enquête américaine « The Harris Poll » montre également que non seulement la moitié des américains souhaite travailler pour une dirigeante plutôt qu’un dirigeant, mais cette même enquête The Harris Poll révèle aussi que les organisations dirigées par des femmes sont également plus susceptibles de disposer d’employés engagés, inspirés et satisfaits que les entreprises dirigées par des hommes. 

Il s’avère que les entreprises dirigées par des femmes ne sont pas seulement bonnes pour les affaires, elles sont également bonnes pour les employés.

De meilleures performances

Plusieurs études passées indiquent en effet que les entreprises dirigées par des femmes surpassent celles dirigées par des hommes.

Par exemple, une étude publiée par l’ Université de Californie, Davis de 2016, a révélé que les grandes entreprises californiennes avec au moins quelques femmes au sommet avaient des performances considérablement meilleures que celles avec des conseils d’administration et des cadres principalement masculins.

 Une autre analyse fascinante a révélé que les femmes PDG du classement Fortune 1000 ont généré trois fois plus de rendements, les entreprises du S&P 500 étant principalement dirigées par des hommes. Une autre étude réalisée par l’une des plus grandes banques d’Europe, Nordea, a montré que les entreprises dont une femme occupait le poste de PDG ou de présidente avaient obtenu de bien meilleurs résultats, sur une période observée de 8 ans. 

Le Credit Suisse a également dévoilé un rapport de recherche montrant que les entreprises avec davantage de femmes cadres occupant des postes de décision continuent de générer des rendements et des bénéfices supérieurs. En résumé, le lien entre la diversité des sexes et de meilleurs résultats est indéniable.

Un engagement accru

Une plateforme d’informations RH en temps réel, du nom de Peakon, travaille avec des centaines d’organisations à travers le monde pour recueillir les commentaires des employés et analyser les résultats pour les aider à améliorer l’engagement de ces mêmes employés. 

Peakon a récemment isolé cinq des domaines dans lesquels les entreprises dirigées par des femmes sont clairement en plein essor par rapport aux entreprises dirigées par des hommes: stratégie, mission, croyance, communication et autonomie. Un sous-ensemble anonyme de données couvrant près de 60 000 employés et 3 000 gestionnaires a été analysé. 43 pays sont représentés dans les données, la plupart des répondants proviennent des États-Unis et du Royaume-Uni.

Voici les principales conclusions:

  • Les employés des entreprises dirigées par des femmes sont plus positifs par rapport à la stratégie et à la mission de leur organisation et à sa capacité à communiquer sur ces sujets par rapport aux entreprises dirigées par des hommes.
  • Les entreprises dirigées par des femmes semblent mieux inspirer la croyance en leurs produits ou services, conduisant à un engagement plus global des employés, par rapport aux entreprises dirigées par des hommes.
  • Les employés des entreprises dirigées par des femmes semblent jouir d’une plus grande autonomie et sont particulièrement plus satisfaits des politiques de travail à domicile par rapport aux entreprises dirigées par des hommes.

Dans l’ensemble, les résultats montrent que les entreprises dirigées par des femmes semblent mieux répondre aux besoins globaux de satisfaction au travail que celles dirigées par des hommes. Il est important de noter que Peakon interroge régulièrement les employés sur un certain nombre de facteurs, mais n’a trouvé aucun domaine dans lequel les entreprises dirigées par des hommes dépassaient celles dirigées par des femmes. Les deux groupes ont obtenu des résultats similaires sur d’autres catégories telles que les relations avec les pairs, le soutien de la direction, la rémunération et les récompenses, l’évolution de carrière des employés, la culture, la reconnaissance et la charge de travail. Ces premiers résultats fournissent un argument convaincant concernant les avantages d’une équipe de direction diversifiée.

Les entreprises avec un bon mix femmes/hommes se distinguent à plus d’un titre. La recherche montre continuellement que la diversité des genres se traduit par une productivité accrue, une plus grande innovation, une meilleure prise de décision et une rétention et une satisfaction des employés plus élevées. Avoir plus de femmes dans des postes de direction est non seulement juste, mais c’est bon pour les entreprises et les employés.

 Si les organisations du monde entier peuvent s’engager à faire de la diversité des sexes une priorité, tout le monde y gagnera.

Une recherche globale de 2013 effectuée par la Harvard Business Review a  permis d’observer qu’une multitude de problèmes culturels peut également empêcher les femmes d’avancer. Parmi les multiples études, les chercheurs ont constaté que les femmes recevaient systématiquement moins d’affectations et de responsabilités importantes pouvant conduire à une promotion, malgré les commentaires positifs qu’elles reçoivent. En règle générale, cela correspond également à des actifs financiers octroyés de manière moins importante pour leur permettre d’investir dans le cadre de leur travail et un salaire inférieur à titre personnel. 

Harvard a noté que cet écart entre la charge de travail et la rémunération des hommes et des femmes est particulièrement illustré dans certains secteurs. Selon le Bureau of Labor Statistics de 2013, par exemple, les vendeuses ne gagnent que 62,5% dans l’assurance, 64,3% dans le commerce de détail et 66% dans l’immobilier de ce que gagnent leurs homologues masculins. 

En outre, une étude de Pamela Stone, professeur au Hunter College, a révélé que, après une durée moyenne de carrière de 11 ans, 90% du groupe étudié des femmes très performantes ont abandonné leur carrière en raison de problèmes de travail et de longues heures de travail, et non pas du fait de leurs enfants (qu’elles avaient déjà auparavant). Et il est assez facile de comprendre pourquoi: de nombreuses industries continuent d’imposer des charges supplémentaires aux employés ayant des enfants, et en particulier aux femmes, plutôt que de reconnaître leurs besoins et leur valeur. Dans une étude des pratiques d’embauche réalisée par Harvard, les mères étaient beaucoup moins susceptibles d’être recommandées pour un emploi et se voyaient offrir 11 000 $ de moins en salaire de départ en moyenne que les femmes sans enfant. Il a également été déclaré selon cette même étude qu’il était supposé que les mères étaient « intrinsèquement moins compétentes et moins engagées ». En revanche, les pères n’avaient quant à eux pas été pénalisés.

Les femmes représentent déjà la moitié des diplômes en sciences, en droit et en ingénierie, ce qui signifie que le flux des travailleuses n’est compromis qu’en cours de route. Sur le plan social, il est essentiel que les travailleurs de tous les sexes commencent à reconnaître les préjugés sexistes que chacun de nous a développés. Que ce soit l’informatique, la plomberie, la mécanique, etc, les femmes sont aussi efficaces que les hommes. Ce n’est plus sur la différence de compétences qu’est le problème, puisque les femmes peuvent faire aujourd’hui les mêmes études que les hommes, mais bien sur la mentalité des employeurs et des salariés.

Quel que soit votre sexe, c’est un exercice incroyablement utile de faire l’effort d’identifier que lorsque vous supputez voire postulez un jugement, de devoir ensuite considérer d’où celui-ci et de le questionner : par exemple, disons que vous pensez qu’une collègue de travail est trop autoritaire ou trop froide – ou que vous souhaiteriez qu’elle « adoucisse » son comportement, demandez-vous alors si un collègue masculin agissait ainsi, est-ce que je réagirais de la même manière? 

Enfin, en tant que femmes, si vous aspirez à un poste à haute responsabilité, vous devez également être à l’aise avec l’ambition et dire: « oui ‘cest ce que je veux »

Dimorphisme sexuel

Des études ont révélé certaines différences dans la structure et l’ activité du cerveau, un concept connu sous le nom de dimorphisme sexuel. Il y a quelques années, Ragini Verma, professeure agrégée à la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie, et ses collègues ont identifié des différences dans la cartographie cérébrale dans la manière dont les régions se connectent . Ils suggèrent que cela pourrait aider à expliquer les différences de comportement, et en particulier les comportements dans les relations sociales et professionnelles.

Ragini Verma, PhD

“Ces cartes nous montrent une nette différence – et complémentarité – dans l’architecture du cerveau humain qui aide à fournir une base neuronale potentielle pour expliquer pourquoi les hommes excellent dans certaines tâches et les femmes dans d’autres”, Ragini Verma.

Elle «a découvert une plus grande connectivité neuronale d’avant en arrière et au sein d’un hémisphère chez les hommes, suggérant que leur cerveau est structuré pour faciliter la connexion entre la perception et l’action coordonnée. En revanche, chez les femmes, le câblage relie les hémisphères gauche et droit, ce qui suppose qu’ils facilitent la communication entre l’analyse et l’intuition ».

En d’autres termes, cela implique que les hommes peuvent être en règle générale davantage câblés pour « agir », « exécuter », tandis que les femmes peuvent avoir tendance à être mieux adaptées pour analyser soigneusement un problème et prendre des décisions.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. FAURE Jean Louis dit :

    Il y a longtemps que je suis persuadé qu’un état, une entreprise dirigés par une Femme est plus performant que si ce même état ou entreprise étaient aux mains d’un homme.
    Merci pour Votre site et Votre travail

    Aimé par 1 personne

  2. Mica dit :

    Cet article affirme de manière irréfutable, une meilleure capacité de gestion des femmes, vis à vis des hommes. La science elle même apporte une preuve, des « connections neuronales » différentes. Une spécificité à méditer et à déployer.

    Aimé par 1 personne

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