Le témoignage de Jeanne

Avec le temps, la plupart des couples avouent avoir perdu la tension sexuelle des premiers instants, avec comme première conséquence, moins de rapports sexuels, moins de désir l’un pour l’autre. La passion des débuts n’est pas inépuisable mais il existe cependant des pratiques qui permettent de raviver la flamme dans votre vie intime.

Parfois, il s’agit simplement de pratiquer autrement ce qu’on a eu l’habitude de faire auparavant, afin de faire grimper le plaisir, se découvrir d’un autre angle et aborder de nouvelles jouissances. Les couples qui sont ensemble depuis longtemps ont souvent l’habitude de procéder de la même manière pendant l’amour.

Posez-vous un moment pour réfléchir à votre façon de faire. Demandez-vous aussi si les pratiques que vous n’avez jamais testées ou presque jamais, vous donnent vraiment envie. Pourquoi d’ailleurs ne pas écrire un récit érotique ensemble ? Cela peut être une idée aussi amusante qu’excitante. Chacun peut alors y apporter ses fantasmes sexuels pour une complicité renforcée. Il est alors intéressant de voir ce que l’autre trouve érotique dans les rythmes, les pratiques et les sensations.

Et si les femmes sont de plus en plus nombreuses à élargir leur répertoire de pratiques sexuelles, elles sont également de plus en plus nombreuses à introduire de leur propre initiative ces pratiques nouvelles. Parfois encore, ces pratiques sortent de la chambre à coucher, deviennent même des modes de vie à part entière.

Le témoignage de Jeanne est particulièrement remarquable à cet égard. Elle nous a écrit cette semaine et, selon son accord, elle a bien voulu nous partager son expérience personnelle :

J’ai 46 ans, 3 enfants d’un précédent mariage, et mon compagnon actuel avec qui je partage ma vie depuis 6 ans en a 4, ce qui nous met à la tête d’une famille recomposée de 7 enfants. Une semaine sur deux nous sommes 9 à la maison et l’autre semaine nous sommes 5.


Je suis venue à la CMC (« chasteté masculine contrôlée ») car mon compagnon, très porté sur la sexualité joyeuse et follement amoureux de moi, m’a un jour demandé de le dominer. Mais étant lui-même d’un tempérament très fort (il a l’habitude de mener son monde à la baguette), il voulait que cela se fasse dans le cadre de séances… J’ai bien essayé, mais je n’en tirais pas vraiment de satisfaction. Je me rendais néanmoins compte que si je ne prenais pas la direction de notre couple, c’est lui qui le ferait et ça ne me convenait pas non plus. En parallèle, son hypersexualité, son amour débordant pour moi, certes, notre vie de famille très mouvementée commençaient à avoir des conséquences lourdes sur moi : je travaillais, j’étais maîtresse, mère de famille nombreuse, logisticienne, je faisais beaucoup de sport … J’essayais tant bien que mal de tout porter à bout de bras, je prenais plus que ma part, et j’ai fini par craquer, physiquement et mentalement.

Ne vous méprenez pas, je n’étais pas soumise, je ne l’ai jamais été. Seulement, et avec du recul, je pense que j’étais conditionnée par la société qui en impose beaucoup aux femmes et les pousse au sacrifice pour le bonheur des autres, notamment celui du conjoint et des enfants. J’étais tellement à bout que j’en étais arrivée à ne plus supporter ni ma vie de couple, ni ma vie de famille, C’était beaucoup trop de pression pour moi. Le plus étrange dans tout cela, c’est que mon compagnon n’était pas le plus responsable. Je me mettais la pression toute seule pour répondre aux exigences que JE m »imposais. C’est une caractéristique des filles : elles ont une capacité d’adaptation incroyable et font docilement ce que la société leur demande, la plupart du temps inconsciemment. J’avais beau avoir des idées féministes, dans la pratique, j’étais finalement ce que l’on attendait de moi.


J’avais déjà essayé la cage de chasteté, mais plus dans un jeu sexuel qu’autre chose. Et puis un jour, comme un déclic dans ma tête, je me suis dit que toute cette situation n’était plus tenable pour moi (d’ailleurs je n’avais pas tenu), que l’hypersexualité de mon compagnon me comblait sexuellement, certes, mais m’épuisait. J’ai donc respiré un grand coup et j’ai pris les rênes de mon couple : j’ai mis mon compagnon en cage, j’ai redistribué toutes les tâches (j’organise, il obtempère, toujours). Un grand sentiment d’apaisement m’a gagnée, ainsi qu’une énorme bouffée de confiance en moi. Je ne subis plus rien, je choisis. Je suis au début de cette expérience, et les résultats sont spectaculaires car je ne ressens plus aucune culpabilité lorsque je n’ai pas envie de rapport physique puisque c’est moi qui suis aux commandes. Et en parallèle, mon compagnon est beaucoup plus à l’écoute de mes besoins et envies, nous avons une vie domestique beaucoup plus harmonieuse. Je n’ai jamais été je crois aussi amoureuse, et lui non plus.

Chasteté masculine : le guide: Comment les hommes peuvent avoir de  meilleures relations (Vœux de chasteté t. 1) eBook: Duquesne, Pierre,  Duquesne, Sylvie: Amazon.fr

Quand j’ai quelque chose à lui dire, je n’hésite plus, contrairement à « avant », période au cours de laquelle je me mettais en arrière-plan pour satisfaire ses envies. De son côté, il est très heureux de voir que je suis enfin « moi », que j’assume vraiment ce que je suis, que j’exprime mes envies, tout en écoutant ce qu’il a à dire. In fine, c’est moi qui décide, mais comme je suis « boostée » par ma confiance, je n’ai plus aucune crainte ni pression. Je suis mon seul juge, et l’expérience me montre que je me trompe rarement.

Je dois avouer que j’ai de la chance d’être accompagnée par une personne aussi ouverte et éveillée. La pratique de la CMC ne se fait qu’à deux, et j’ai trouvé « ma moitié d’orange » pour y parvenir. Je suis intimement convaincue que la CMC pourrait avoir des conséquences positives sur la société comme elle en a sur mon couple, mais je n’ose pas trop en parler autour de moi, sauf à une amie. J’ai l’impression qu’il faut être un peu « éveillé » pour comprendre le concept.Voilà donc qui je suis, je passe beaucoup de mon temps libre à marcher avec mon chien en écoutant des podcasts qui m’ont beaucoup apporté : « les couilles sur la table » de Victoire Tuaillon (France Inter), « mansplaining » de Thomas Messias, Un podcast à soi, plusieurs épisodes de La série documentaire de France Culture sur les masculinités.

Les couilles sur la table's stream on SoundCloud - Hear the world's sounds
Mansplaining 24: À la recherche de modèles masculins dans les fictions  (Paris Podcast Festival) - YouTube

Je suis féministe dans le sens où je veux l’égalité entre les hommes et les femmes. Pour moi le féminisme n’est pas une revanche, c’est un progrès, et je suis convaincue que les hommes ont vraiment beaucoup  à y gagner. Le patriarcat est un fardeau pour les hommes, la gynarchie est à mon sens la solution, ou une partie de la solution. Le juste équilibre qu’il faut atteindre pour une société plus respectueuse de l’humain, homme ou femme.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. daniel coulon dit :

    Bonjour , je viens de lire votre récit , et comme d’habitude un plaisir , parlant de la chasteté , depuis à peu près 30 ans je vie ma soumission avec des pauses , plus ou moins longue , mais depuis deux moi j’ai retrouvé le chemin de ma soumission avec une Dame que j’ai choisis comme Maîtresse , pour une appartenance , mais il y avait une condition être encager , connaissant la cage de chasteté mais jamais auparavant je les portée, jamais eu l’occasion ni ont me la demandé ,
    Pour pouvoir servir cette Dame , je me suis procuré une cage , et je me suis encagé les trois premier jours ont été pour moi un enfer , de plus ma Maîtresse ma ordonnée de lui faire un rapport matin et soir avec photo a l’appuie , sur ms ressentis , cela fait 59 jours que je suis encagé , et ses vrai j’ai un peu changé , une seule libération a été effectué pour l’épilation de mon sexe , et avoir un rapport ruiné , , ma Maîtresse elle seule a les clés , j’en possède une mais dans un coffre dont elle seule a le code , au cas ou un soucis , mais cela n’est que le début de mon apprentissage d’autre choses vont être mis en place , pour parfaire mon caractère de soumis , ma Maîtresse compte m’imposé l’urètre lors de nos séances , et le port quotidien d’un plug , qu’elle seule aura la commande , j’ai appris a vivre avec cette contrainte , et je pense que nous les hommes devenons plus doux attentionné respectueusement votre sincère flélicitation j’adore vous suivre merci le chien

    Aimé par 1 personne

  2. Mica dit :

    Un bien bel exemple de CMC heureuse pour le couple. Cesser pour les hommes de penser avec leur phallus permet de recentrer énormément d’énergie pour d’autres actions. Actions des plus salvatrices ……….

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s